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La Sorcière de Portobello, Paulo Coelho

Je te rassure tout de suite : je n'envisage pas de faire des revues exclusives sur les sorcières ! Ok, c'est la deuxième lecture autour de ce sujet, mais c'est tout à fait fortuit.


En effet, comme je l'ai déjà expliqué ici, mon choix de lecture se fait de façon intuitive et celui-ci remonte à l'été dernier où, juste avant de partir en vacances, j'ai fait un plein de bouquins pour m'accompagner sur les routes.


Honnêtement, le titre ne me parlait pas mais quelque chose me disait de le prendre. J'ai choisi de le lire en dernier, comme pour repousser l'échéance et pourtant, c’est celui qui m'a le plus bouleversée.


Déjà, pour recontextualiser les choses, la Sorcière Moderne n’était pas encore née, ni même à l’état d’ébauche.

Donc, l’image de la sorcière que j’avais en tête était encore malmenée par certains clichés : danser sous la lune et pratiquer des rituels péchés sur Google sous fond de musique New Age (oui je sais, c’est débile).

Et donc, de quoi ça parle ?


Déjà, point de potions et de sortilèges (ouf). On est dans du Coelho, fidèle, donc, à sa thématique de quête de légende personnelle.


L’histoire se tisse autour de témoignages de personnes qui ont côtoyé Athéna (le personnage central), celle que l’on nommera donc la sorcière de Portobello.

Et, au fur et à mesure des confessions, le portrait de la jeune femme se dévoile à travers différents prismes et points de vue.

On découvre alors le parcours d’une femme qui, une fois devenue mère, est animée par un fort désir de retrouver sa génitrice, histoire de renouer avec ses racines.


Au delà du voyage généalogique, on assiste à un parcours initiatique où, au gré des rencontres, c’est à chaque fois une part d’elle-même que l’héroïne découvre, comme si elle reconstituait son puzzle intérieur.


Jusque là, c’est assez bateau mais on navigue plutôt bien.

Quel rapport avec la sorcière alors ?


Là où c’est drôlement bien fichu (enfin, ce n’est que mon avis) c’est que l’ami Paulo a su décrasser les stéréotypes et aborder la sorcière comme une approche spirituelle différente, qui se vit et se dévoile au gré de l’expérience.

Comme une spiritualité de l’intérieur, loin de toutes les images folkloriques que l’on trouve en littérature (et qui, tu l'auras compris, me hérissent le poil), et qui s'inscrit dans le cours d’une vie où tout, finalement, a un sens précis.


Athéna, dans son cheminement, va découvrir comment s’aligner à son essence, à son âme et trouver sa mission de vie qu’elle va mettre en pratique jusqu’au péril de sa vie. Je résume avec des termes lissés, mais dans l’idée c’est ça.


L’histoire met en scène le fait de se dévoiler et d’intenter d’apporter de nouvelles couleurs à ce monde quelque peu terni par des codes de plus en plus éloignés de ce qu’ils ont pu être à l’origine.

"N'aie pas peur des choses que tu vois, mon enfant. N'essaie pas de les repousser, elles finiront par s'en aller d'une façon ou d'une autre ; profite de la compagnie des anges tant que tu le pourras. En ce moment tu as peur, mais pas tant que cela, parce que tu sais que nous sommes nombreux dans ce salon. Tu as cessé de rire et de danser quand tu as vu que j'étreignais ta mère, et lui demandais de parler par sa bouche. Sache qu'elle m'a donné la permission, sinon je ne l'aurais pas fait. Je suis toujours apparue sous forme de lumière, et suis toujours cette lumière, mais aujourd'hui j'ai décidé de parler." — La Sorcière de Portobello, Paulo Coelho

Ce qui m’a profondément touchée et pour ainsi dire bouleversée, c’est la façon dont Athéna se connecte à elle, en s’ouvrant à quelque chose de beaucoup plus grand.

Ce passage m’a tiré les larmes parce que c’est la première fois que je me suis vue au travers d’un miroir et me suis dit « putain, je suis pas tarée, je vis la même chose ! ». Pour la première fois, je trouvais ENFIN un écho à ma propre expérience.


Et c’est là qu’une partie de mon puzzle perso s’est reconstitué et a amorcé le début de la suite.


Une prise de conscience : ce que je vis, d’autres le vivent, sauf que (peu ou) personne n’en parle. On entend « je suis médium clairvoyant-ci ou clairaudient-ça » mais personne ne raconte concrètement COMMENT ça se passe en réalité.


On nous raconte les aboutissants, sans faire part des tenants. Et perso, c’est ce qui m’intéresse le plus.


Quand on vit ce genre de truc, très honnêtement, on s'interroge sérieusement sur sa santé mentale. Et ce, même si cela résonne très concrètement dans le réel et répond à une certaine logique.


Sauf que l’on est complètement abrutis par le cadre imposé par la société, la raison pure, le bien-penser commun etc, du coup, on a tendance à étouffer le discours qui sort de l’intérieur de Soi et qui murmure tout autre chose.


Alors que c’est tout à fait l’inverse qui devrait être,  non ?

 

Nous sommes des êtres sensibles éduqués à étouffer nos ressentis naturels pour faire de nous de jolis petits pions corvéables sur l’échiquier du Capitalisme.

Je dis NON, NON, NON MEC !


Et La Sorcière de Portobello nous raconte ô combien il est compliqué d’être sensible et de vivre cette sensibilité dans la jungle urbaine. Tu devines qui « gagne » le bras-de-fer ?


Voilà, si le sujet t'intéresse, je ne peux que t'inviter à te plonger dans cet univers qui dépoussière les clichés et incite à réfléchir sur l’essence propre de l’être humain.


Et en conclusion, cela me permet d’introduire le prochain article au sujet des connexions mystiques. À suivre, donc ;-)


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