꧁ Socrate a dit. ꧂


La mort de Socrate par Jacques-Louis David - Détail - • Crédits : Wikimedia Commons


"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."

Cette phrase résonne depuis les cours de philo du lycée. Autant dire que l'écho retentit de loin (oups). Et encore plus lorsque l'on remet cette phrase dans son contexte historique.


À l'époque, Socrate insinuait déjà qu'être pétri de certitudes, sclérose toute évolution.


Je suis de plus en plus d'accord avec ce principe dans la mesure où l'Univers-même est en mouvement perpétuel : ainsi pourquoi figerions-nous les idées et les concepts ?


"Ce qui était vrai hier, ne l'est plus nécessairement aujourd'hui et ne le sera encore moins demain."

Ne cherchez pas la source de cette citation, elle est issue de mon cru personnel — c'est un peu mon mantra — servie en toutes occasions et qui fait bien rire l'autour, pourtant, elle rejoint bien cette idée d'impermanence des choses, des sentiments, du monde.


À mon sens, rien ne reste figé si ce n'est la connerie.


Pour tout vous dire, j'étais la première à me vautrer dans le délire de la Vérité (et on est jamais à l'abri, même en étant averti). J'ai mis un sacré bout de temps à comprendre qu'un ressenti n'est pas une vérité absolue.

Ce n'est rien d'autre qu'un ressenti, le mien, issu de ma propre perception et donc de ma vérité, pas celle du voisin, ni encore celle que devrait adopter le monde le entier.

Chacun regarde le monde par le biais de son prisme (vécu, sensibilité, ressentis, etc...) et il existe donc pléthore de vérités. Chacune ne valant pas plus que l'autre, en fait.


L'intérêt n'étant pas de vivre sa réalité dans son coin mais bien de partager des visions différentes afin de les enrichir, les faire évoluer : hier on pensait jaune, aujourd'hui quelqu'un nous parle du bleu et demain on pense vert.


Par ailleurs, peut-on fondamentalement parler de Vérité universelle ? Existe-t-elle ?


"La vérité sera révélée au moment de la mort physique. L'être humain n'est pas habilité à obtenir ces informations de son vivant. Pourtant, certains sont convaincus d'avoir accès à ces informations. Nous ne pouvons les confirmer, ni les infirmer, ce n'est pas notre but."— Canalisation, nov. 2019

Ce que certains appellent l'Ego s'apparente donc à cette croyance de détenir un savoir puissant et supérieur. L'humilité consiste à décrasser son cerveau de cette mécanique et d'intégrer le fait que non, nous ne savons rien et que c'est tant mieux, dans la mesure où cela nous met dans une posture d'ouverture, d'accueil et donc d'évolution.


Être dans l'accueil fait écho à ce fameux lâcher-prise qui énerve tout le monde tellement il est compliqué à intégrer.

En effet, autour de nous, tout incite à contrôler son monde intérieur et extérieur : répondre à une attente en déguisant son Soi dans une posture inappropriée, espérer quelque chose de quelqu'un ou d'une situation, etc...

Du coup, on se cogne la tête contre les murs quand ça ne fonctionne pas de la façon envisagée, on est déçu et on croit que le ciel s'abat sur soi, que c'est forcément la faute à Pierpoljak. Alors qu'en fait, le type il ne n'a rien demandé à personne et il s'en prend plein la gueule pour pas un rond.


Quand on y réfléchit bien, on se rend compte que le seul fautif dans l'histoire, n'est personne d'autre que soi. Mais ça, ça fait grincer les dents de l'admettre, hein ?


Placer de l'espoir, des attentes en quelque chose ou quelqu'un c'est laisser la porte ouverte à la déception quasi systématique ("pas assez de", "trop de").


Alors attention aussi, le lâcher-prise ce n'est pas non plus se ficher de tout ou encore refouler ses émotions.

Être dans l'accueil, c'est arrêter de placer des attentes n'importe où et s'ouvrir à toute éventualité (à ce sujet, il faut que je vous parle des portes, j'y reviendrai prochainement).


Pour citer un exemple vécu, lors de la préparation à l'accouchement, on demande à la future maman d'établir un projet de naissance : c'est le truc le plus aberrant que j'ai jamais entendu. Les parturientes se concentrent sur des tableaux idylliques et se retrouvent complètement contrariées lorsqu'on leur annonce qu'il faut recourir à une césarienne d'urgence.

Résultat : frustration, crispation et mauvais souvenir ! Ta-daaan !


Vous voyez où je veux en venir ?


Donc on se détend, on respire et on ACCUEILLE ! Et vous auriez raison, à ce stade, d'interroger la loi des séries (lorsque le "karma" s'acharne et qu'on enchaîne les coups durs).


Et bien ce sera l'objet d'un prochain post ;-)

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