꧁ La mission de vie ꧂


Voici un énième terme capillotracté qui invite l'égo conquérant à se prendre pour un sauveur de l'humanité.

La mission de vie est mal nommée et nous perd un peu. Et si j'ai tenu tout de même à titrer cet article ainsi, c'est pour montrer qu'il est important d'aller chercher sa vérité au delà des mots et des concepts établis. Allez, on plonge !


Une notion abstraite


J'ai longtemps refusé de grandir : le monde des adultes me paraissait obscur sur plein de points. Beaucoup de gens laissent derrière eux l'enfant qu'ils étaient, au profit d'un costume sans couleurs et j'ai bien du mal à comprendre ce qu'il se passe concrètement lorsqu'ils passent d'un état à l'autre. Syndrome Peter Pan, bonjour !


Par ailleurs, j'étais une enfant qui se posait un tas de questions sur le sens de la vie et venir sur Terre pour se perdre dans un quotidien pesant où règne le leitmotiv travail-fric-pouvoir, me vendait moyen du rêve.


En deçà de ces problématiques existentielles, j'éprouvais le sentiment de ne jamais être à ma place. Les schémas classiques ne me parlaient pas et me faisaient fuir, et en même temps, je refoulais ce sentiment tenace qui donnait la sensation d'être différente alors que je ne voyais pas en quoi, ni pourquoi.


Pendant quelques années, j'errais dans un espèce de no man's land où je refusais de creuser, de me trouver, de me faire face. Ça me terrifiait au plus au point.

Borderline entre "je me sens étrangère au monde" et "je veux à tout prix rentrer dans le moule". Cette dualité permanente engendrait un mal être pernicieux.


Le fait est que l'inconfort, quel qu'il soit, traduit toujours quelque chose de profond.

Et elles en ont des choses à nous livrer nos profondeurs !


L'en-Soi sait


Lorsqu'un être évolue dans un environnement qui lui est hostile (dans le sens d'un chemin que l'on emprunte par déni ou par fuite de soi), qu'est-ce qu'il se passe ?


Il tressaille, il fléchi, il s'affaiblit et s'il ne fait rien, il se brise.


Là où je veux en venir c'est qu'au fond de nous, ON SAIT.


Il existe un chemin pré-tracé que notre âme a établi avant de s'incarner. Ensuite, on range tout ça dans l'inconscient puis on vient jouer avec notre libre-arbitre en suivant les cailloux du petit Poucet.

Certains parleront de charte d'incarnation et si vous souhaitez approfondir la question, je vous invite à monter à bord du vaisseau du voyageur mystique.


Et c'est là où la notion de choix d'incarnation devient plus précise et pertinente que le terme de "mission de vie" qui appuie malgré lui sur l'interrupteur "Bruce Willis" (même si concrètement on parle de la même chose).


Ainsi, ON CHOISIT ce que l'on vient travailler dans la grande école de la dualité qu'est la planète Terre.

Imaginez-le comme si vous alliez à la fac et que vous choisissiez votre filière et vos options : de suite c'est beaucoup plus parlant, non ?


Sauf que ce but n'est pas une action en particulier mais plutôt un état d'être. C'est à dire des traits de personnalité qui répondent à des valeurs (la liberté, l'autorité, la famille, la communication, etc...).

En somme, la "mission de vie" consiste à incarner ses valeurs fondamentales. Et cela peut tout à fait prendre la forme d'un métier, mais pas nécessairement (voir plus loin).


Lorsque l'on réagit vivement à une situation, une relation, un environnement, il est important de s'écouter


La plupart du temps on ne le fait pas, parce qu'on répond à des schémas — inconscients ou non — relevants de facteurs culturels ou encore éducationnels.


Le corps parle, il vibre. C'est ce que l'on nomme l'intuition (mais sentez-vous à l'aise de l'appeller comme vous voulez).

Et que l'on croit ou non à l'âme, le tréfonds trésaille et si on sait l'écouter, il nous guidera sur la bonne route, la nôtre.



La "mission de vie", c'est exactement ça : s'écouter, comprendre et faire ce qui est bon et juste pour soi. Comprendre ses failles, accepter sa part d'ombres, la regarder en face — et non pas la dissimuler ou faire comme si elle n'existait pas — et laisser sa lumière jaillir d'en-Soi.


Nous sommes ombre et lumière, et dans l'équilibre des deux, se dessine la mission de vie : ce pourquoi on est fait, ce pourquoi on vibre, ce pourquoi on rêve, ce pourquoi on se dépasse, ce pourquoi on s'illumine.



Et ce n'est pas uniquement lié à une histoire de FAIRE quelque chose mais plutôt dans l'esprit de FAIRE en fonction de ce qu'on EST.


Lier l'ÊTRE et le FAIRE : voilà comment résonne en moi ce concept.


Et il n'existe pas de manuel précis d'utilisation, pas de solution miracle instantanée


Pour se rapprocher de sa mission d'incarnation, il est nécessaire de creuser en soi, et ça, ça prend du temps. Identifier ses valeurs est un excellent point de départ (et cet exercice n'est pas aussi évident qu'il n'y paraît).


La route est longue, sinueuse parfois, mais le voyage promet la découverte de rivages insoupçonnés et ouvre le champ de la conscience sur la beauté du Monde.


Si j'ai choisi ma mission d'incarnation, alors je sais quelle est-elle. Les guides ne sont pas là pour me dire que faire, puisque je sais. Ils sont là pour m'épauler, c'est un travail d'équipe. Une mission de vie se retrouve dans les plus petites choses. Peu importe ce que l'on fait dans la vie, c'est la façon dont on le fait, le cœur qu'on met à l'ouvrage. Faire les choses avec le cœur nous rend heureux et cela s'étend de façon exponentielle autour de nous. Ainsi on ne nous attribue pas de don, on choisit des outils qui nous aideront à accomplir cette mission.

- écriture intuitive, nov.2019




(Source illustrations : Pinterest)

logo.png