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Les Sorcières de Céline du Chené


Qu'est-ce qu'une sorcière ?


J'avais un peu de mal à situer ma définition entre les représentations classiques et ce courant actuel des coven : ces sororités qui se réunissent sous la pleine lune pour faire des incantations et des décoctions de plantes accompagnées de musique New Age, qu'on voit fleurir ci-et-là sur la toile. En effet, ça ne m'évoque absolument rien. 


Sans parler des sorcières politiques qui revendiquent un monde féministe, parce que j'ai beaucoup de mal à saisir l'intérêt de vouloir supplanter l'un ou l'autre sexe sous couvert d'une pseudo supériorité.


À mon humble avis, il est ridicule au XXIème siècle, d'en être encore à vouloir toujours se diviser, pour un oui ou pour un non, quand on peut marcher main dans la main, par complémentarité de savoirs/compétences/etc. Utopie quand tu nous tiens. BREF.


Chacun fait/pense ce qu'il veut s'il trouve son compte et reconnaît ses croyances dans ses engagements mais pour le coup, dans tout ça, je ne retrouve pas cette essence de sorcière qui bouillonne à l'intérieur de moi (et j'imagine que je ne suis pas la seule).


Comme je l'ai déjà expliqué dans plusieurs articles, me semble-t-il, j'ai choisi ce terme si controversé de sorcière car je souhaiterais qu'on la regarde différemment. Un peu comme moi je la vois. Pas dans le sens doctrine, évidemment, mais plutôt comme une nouvelle piste de réflexion sur le sujet.


Récemment, au détour du rayon ésotérique d'une librairie, je me suis laissée portée vers cet ouvrage de Céline du Chené.


J'ai toujours aimé les livres : me plonger dans un univers de mots, renifler longuement l'odeur du papier, le toucher, le regarder, l'emporter partout avec moi.

Depuis très jeune, je suis un peu toquée du bouquin, sans être pour autant une boulimique de lecture comme a pu l'être ma mamie, qui dévorait n'importe quel ouvrage qui lui tombait sous la main.

Cette hyperphagie m'a toujours questionnée car le n'importe-quel, je sais pas faire. Et les lectures imposées, encore moins.


En effet, la sélection se fait essentiellement au feeling. Ça a toujours été ainsi et ça marche super bien : hop on respire et on se laisse porter par un fluide invisible là où il y aurait un message pour soi et, à chaque fois, il est au rendez-vous. 

On peut penser que c'est de l'auto-suggestion ou de la post-interprétation. Qu'importe, ce qui compte réellement, c'est le message et pas la façon dont on l'a reçu ;-)



Et ces Sorcières alors, qu'est-ce qu'elles racontent ?


Et bien, on y retrouve le parcours très bien documenté de ce mythe chargé d'Histoire, de conflits d'intérêts, de légendes et d'influences diverses.

On se rend compte du coup que la sorcière, c'est un peu le pot-pourri de l'Humanité qui englobe à elle-seule toutes les peurs et les croyances obscures du Monde.


Et c'est là où ça rejoint ma pensée : elle inquiète, fait peur, est rejetée parce que derrière tout le folklore et les attributs caricaturaux qu'on lui prête, il y a un Être identique à tous les autres, à la seule différence près qu'il embrasse sa part mystique.

Et, à mon sens, c'est bien ce qui terrifie ses semblables : ils ont aussi cette part en eux mais refusent de la voir. En somme, la sorcière joue le rôle d'un miroir qui brûle les yeux.


Aussi, j'ai tendance à me rapprocher du courant de pensée qui associe la sorcière au chamanisme en la décrivant comme le lien entre les mondes, parce que c'est comme ça que je le vis.

La magie, les sortilèges, les créatures maléfiques et compagnie folklorisent le truc mais à mon sens, restent de l'apparat.

Le passage du témoignage de Katell, a suscité l'écho que je cherchais en errant dans les rayonnages du magasin.

Sa façon de se vivre sorcière a retentit en moi. C'est bien la première fois (bon, en dehors de La Sorcière de Portobello de Paolo Coelho, une absolue révélation que j'aborderai très certainement un jour prochain) et ça n'a fait que requinquer mes convictions et l'envie de les partager.


Bien sûr, ce n'est pas la seule et unique façon de vivre ce mythe, mais c'est la mienne et sûrement celles d'autres personnes tapies dans l'ombre.  


Aussi, si je ressens le besoin d'en parler c'est parce que dans la découverte de Soi, j'ai rencontré des difficultés à poser des mots sur ce que je vivais, parce que je ne trouvais pas d'autre écho qu'un consensus exaspérant.


Parce qu'il y a un véhicule de pensée unique difficile à remettre en question, tant il est ancré dans la mémoire du Monde (coucou les monstres au plafond).


Alors s'il y a ne serait-ce qu'une seule âme qui vienne à se perdre ici et y trouve à son tour un reflet, alors cette démarche prendra tout son sens.


Sur ce, je te laisse sur ces mots de Bouddha :


Ne croyez pas en quelque chose simplement parce que vous l'avez entendu. Ne croyez pas en quelque chose tout simplement parce que des gens le disent et que c'est répété par de nombreuses personnes. Ne croyez pas en quelque chose simplement parce que c'est écrit dans les livres religieux. Ne croyez pas en quelque chose sur la seule autorité de vos professeurs et des anciens. Ne croyez pas aux traditions parce qu'elles ont été prononcées par de nombreuses générations. Mais après observation et analyse, lorsque vous trouverez que tout est en accord avec la raison et est propice au bien et au profit de tous et chacun, alors acceptez-le et vivez pour cela.  
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