꧁ Les révélations lunaires ꧂


Les énergies de la pleine lune de ce 1er octobre dernier ont été particulièrement intenses. Et même si chacun l’expérimente et le ressent à sa manière, l’astre de nuit ne manque pas d’éclairer les profondeurs afin de permettre de libérer ce qui appelle à l’être.


Cela peut passer de façon totalement inaperçue, ou en revanche, de façon très instable : peu importe, cela se passe comme cela doit se passer, pour que l’on puisse intégrer au mieux ces révélations.


C’est un moment particulier, où nous sommes invités à accueillir ce qui apparaît en conscience avec bienveillance. Ces abysses sont des parts de nous-mêmes, des facettes qui font partie de soi et qui — peu importe leur teneur — invitent à se rencontrer davantage.


Quelques jours avant cette phase lunaire particulière, je tirais la carte du Chaman.


Les tarots et oracles, c’est un peu comme les habits du moine, il ne faut pas se fier à leur apparence mais plutôt trouver l’écho qu’elles suscitent. Comme je l’explique dans Les supports ésotériques, ce sont des révélateurs sur lesquels se projettent entre autres l’inconscient et l’intuition.


Ainsi, le Chaman parle de transmutation : c’est à dire — à l’image des alchimistes — qu’il appelle à transformer le plomb en or, à changer le négatif en positif.


Et ça, nous sommes tous capables de le faire, en tenant compte du pouvoir immense de la pensée : par elle-seule nous sommes capables d’affronter des situations difficiles en éduquant notre regard sur la leçon qu’elles nous délivrent.

En effet, ce ne sont pas les situations qui sont terribles, c’est la perception que nous en avons.


Attention, je ne dis pas que c’est facile, ni même que j’y arrive les doigts dans le nez et que vous devriez en faire autant : je dis simplement que c’est possible et qu’on a tout à y gagner d’essayer.


Ainsi, pas bien plus tard et au beau milieu de ma lecture du moment, je tombe à nouveau sur cette notion de transmutation. Deux fois suffisent pour me mettre la puce à l’oreille, sans pour autant me focaliser dessus : laissons venir et voyons ce qu’il se passe.


Le premier révélateur a été de me confier au sujet de l’écriture automatique, très instinctivement, c’était sûrement le moment adéquat.

Et c’est à partir de cet échange avec quelques abonnés sur Instagram, que j’ai pris conscience que c’était quelque chose que j’avais en moi et pas quelque chose dont j’avais envie.


Tout comme la médiumnité et tout comme cette autre chose que j’ai eu grand peine à sortir de mon tréfonds et qui s’est alors révélée ces jours-ci.


Souvent, nous sommes attirés par des pratiques, des concepts, des personnes qui nous fascinent, qui appellent notre curiosité, qui éveillent notre intérêt. Et c’est très bien car c’est ainsi que l’on s’inscrit dans la découverte de Monde et de Soi du coup (puisque les deux sont liés)… sans pour autant que ces attirances ne soient ce que nous sommes.


En effet, cette prise de conscience m’a bien fait comprendre la nuance qu'il existe entre celui que l’on VEUT être et celui que l’on EST réellement.


Ainsi, je développerai prochainement la question de l’écriture automatique, qui viendra donc compléter ce que j’aborde ici. En attendant, je vais vous confier ce qu’il m’est arrivé lors de cette pleine lune.


Si vous me suivez, vous savez déjà probablement que j’ai récemment changé de cadre de vie (quitté ville et boulot) et tout cela en suivant profondément mon intuition : je vis ce que je ressens et c’est très libérateur.

Ceci dit, quelque chose me tarabuste depuis quelques temps sans trop savoir quoi (ou sans trop vouloir lever le voile là-dessus). Quelque chose qui freine un peu mes élans.


Ainsi, je me suis dit que si ça m’apparaissait si difficilement en conscience, peut-être devrais-je m’en remettre à ma part divine (l’étincelle, l’âme, les guides…).

On y pense pas et/ou on ose pas forcément, restreints par un égo qui se dit que c’est du pipeau.


Mais concrètement, que perd-on à essayer ?


Alors, avant de me jeter dans les bras de Morphée, j’ai demandé à mon âme et conscience de me révéler ce que j'occulte pour me permettre d'avancer.


Sur ces inspirations spirituelles, j’ai très vite sombré dans un univers particulièrement étrange,

déambulant dès lors dans un cimetière où les défunts reposaient à l’air libre, surélevés sur des talus qui demeuraient leurs sépultures. On aurait dit qu’ils dormaient, il y en avait des milliers.


Cette scène, rêvée ou non, m’aurait auparavant terrifiée et ce n’était absolument pas le cas cette fois. J’étais sereine.


On enterrait quelqu’un qui m’est proche, je n’ai pas le souvenir de qui — son visage changeait, comme si je ne pouvais voir de qui il s’agissait. Mes chers disparus étaient là aussi, c’était assez cérémonial.


Je n’étais pas triste, j’étais là pour autre chose dont je ne me souviens plus.


Quelqu’un à l’apparence familière, venait se confier à moi au sujet d’une personne dont les moeurs suscitaient son vif intérêt. Il me demandait de l’aider à découvrir ce qu’elle cachait.


Le décor changeait et nous investiguions dans de vieux albums photos de cette mystérieuse personne, jusqu’à tomber sur un article à son sujet. J’en lisais quelques lignes en diagonale et m’arrêtais, stupéfaite, sur un mot que je criais : « Spirite ! ».


Ce cri coupait net la connexion avec mon inconscient pour me ramener à la réalité d’un sursaut nocturne au coeur de la nuit.


Spirite. Voilà ma réponse !


Ce mot, je le connais pour l’avoir déjà rencontré il y a quelques années, aux abords premiers de ma médiumnité. En revanche, je l’ai bien mis de côté, à l’écart, loin de moi. Je refusais de me voir en ces reflets-là.


Et pourtant. Il est ce mot qui lie le passé de cette vie et des autres, au présent. Un passé vécu dans le déni, dans la peur, non pas de ce qui advenait mais de ce que j’étais, profondément.


Je ne sais pas trop comment j’ai pu dissocier médium et spirite.


La médiumnité, je l’ai acceptée assez tardivement mais aujourd’hui je suis ok avec elle. Je ne le clame pas sur tous les toits non plus, mais je ne m’en cache plus et ce, qu’importe la réaction que cela peut susciter. Je n’ai plus honte de ça.


En revanche, cette histoire de spirite, ça a été largement plus compliqué. Et le pire, c’est que je sais pourquoi. Je sais et sens qu’il y a un lourd passé antérieur lié à cela et que des relations perso, comme celle que je vis actuellement, se rejouent pour dépasser le conflit qu’a pu créer cette part qui suscite nombre d’interrogations et de peurs.


La sorcière… j’y reviens inlassablement et malgré moi.


Au réveil, je me suis sentie étrangement soulagée, comme lorsque l’on arrache le pansement d’une plaie qui cicatrise bien plus vite à l’air libre.

L’impression d’avoir enfin accouché d’une (très) longue gestation, d’un bébé Tanguy, qui voulait rester au chaud, là où il était.


Il devait être aux abords des 4/5h du matin et je souriais bêtement dans mon lit, dans le noir, en pensant que tout devient clair et cohérent. L'évidence m'est apparue telle, qu'elle a supplanté la peur. C'est la première fois que je ressens de la paix à cet égard.

Comme quoi, c'était le moment. Les énergies ont concouru à disséquer ce noyau et lui redonner sa juste place.

Attention, cela ne s'est pas produit en une nuit, cela s'est RÉVÉLÉ cette nuit-là et ce, au bout d'un long processus de plus de trente années.


Pour imager, c’est comme savoir au fond de soi depuis toujours que sa sexualité ne rentre pas dans les cases conventionnelles et penser assumer cette différence en se revendiquant bi — un pied dans le bain, l’autre en dehors — et qu’un beau jour, les circonstances aidant, on ne peut plus fuir devant l’évidence de ce que l’on est profondément : gay.


Mettre des mots sur ce que l’on vit, pour le comprendre, l’admettre, l’assumer.


Jusqu’à récemment, je croyais que vouloir nommer, étiqueter, relevait de l’égo qui veut tout ranger, classer, ordonner et du coup me perdais dans un flou artistique, laissant la porte ouverte à la libre interprétation. Mais de cette façon, comment avance-t-on ?


C’est une lecture (encore !) qui m’a ouvert les yeux là-dessus : nommer ce n’est pas forcément être dans l’égo, le contrôle, c’est se permettre de comprendre ce que l’on vit et ainsi d’avancer.


Alors voilà, ces secousses lunaires m’ont permis de transmuter une mémoire difficile en la révélant au grand jour de ma conscience : je suis médium spirite.


Ces mots s’inscrivent sur tout ce que j’ai pu vivre depuis ma naissance. Ces mots libèrent un passé pétri de peurs, d’angoisses et de pré-jugés.


Et si j’ignore où ils me conduiront, je sais qu’ils sont ce que je suis profondément. Et que si mon âme a choisit ce chemin, c’est pour une bonne raison.




(Source illustrations : Pinterest)


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