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Le voyageur mystique


L’autre jour, un peu pressée, j’ai attrapé un bouquin un peu au pif sur l’étagère du rayon ésotérique de la médiathèque.

Le titre m’a interpellée car il faisait écho à un morceau de Beach House que j’aime à la folie : The Traveller.

Et je n’ai pas cherché plus, ni lu la quatrième de couverture pour me convaincre davantage. Emballé, c’est pesé.


Et comme à chaque fois, le choix intuitif sait révéler sa magie : j’y reviendrai un peu plus tard.


Ainsi, l’auteure, Sylvia Browne, est une médium américaine dont je n’avais jamais entendu parler. À en croire la bio du bouquin, elle est assez populaire aux Etats-Unis : elle participe à de nombreux shows télé et a même fondé sa propre église !


Petite connotation extrémiste qui, très honnêtement, si je l’avais su plus tôt aurait bêtement freiné mon choix de lecture et ç’aurait été dommage à bien des égards !


S’aventurer sur des terres différentes des siennes permet d’aérer son esprit et d’entrevoir des paysages qu’on aurait sans doute jamais imaginés en restant campés chez soi.


C’est ainsi que je me suis laissée porter par curiosité vers cette lecture quelque peu étrange.


En effet, cette chère Sylvia explique ce qu’est un voyageur mystique en parcourant des notions de contrats d’âmes et d’incarnations pouvant se révéler quelque peu nébuleuses pour tout sceptique ou simplement novice en terme de jargon « spiritique » (si t’as la réf).


Ça parait hautement perché mais comme j’aime le répéter : il n’est pas question de prendre pour argent comptant ce qu’on lit, ce qu’on entend et même ce que, je ou quiconque, raconte mais plutôt de prendre ce qui fait écho en soi afin d’ériger sa propre vérité et de nourrir son propre cadre de référence.


C’est donc avec cette conscience-là que je me suis laissée embarquée sur le navire de Sylvia Browne.


Alors, qu’est-ce qu’un voyageur mystique ?


Selon cette médium chevronnée, un voyageur mystique est une âme qui, à un moment précis, décide d'abandonner son libre-arbitre pour s’en remettre entièrement à Dieu (ou l’Univers, peu importe) et ainsi communiquer à son échelle l'Amour de nos Créateurs divins : Dieu le Père et la Mère-Terre.


Il s’agit d’un choix délibéré et non d’un don (tout comme la médiumnité, à mon sens) et cela touche n’importe quelle âme.


Au début, je dois avouer que ça m’a quelque peu interloquée : comment peut-on soumettre ce que l’on a de plus précieux ?


Et puis, laissant sa chance au produit, j’ai compris où elle voulait en venir.


En outre, il faut aussi noter le fait qu’il s’agit d’un texte traduit et que souvent, il perd un peu de sa teneur initiale en VO. Un peu comme les doublages de films.


Là, on sent poindre un discours assez technique davantage malmené par les ponts linguistiques, plus qu’une réelle intention de l’auteure. Enfin, c’est ce que j’ai ressenti.


Ainsi, Madame Browne parcourt les notions de thèmes et de chartes d’incarnations de façon assez pertinente, ce qui a le mérite de susciter l’intérêt pour un sujet quand bien même tiré par les cheveux.


Un thème d’incarnation est un fil conducteur qu’une âme sélectionne délibérément afin de servir une mission spécifique au cours de son incarnation. Elle en répertorie et décrit 47 portraits dans lesquels on devine nos propres contours.


À ce titre, Sylvia Browne prend l’exemple des déportés durant la Seconde Guerre Mondiale, qui auraient choisi le thème de Victimes afin de servir un message fondamental pour l’Humanité.


Et là encore, on se rend compte qu’à l’échelle collective, c’est la même chose qu’à titre individuel : on refait l’exercice encore et encore tant que la leçon n’est pas acquise !


Elle insiste sur le fait que même les thèmes les plus difficiles, et que les âmes dites « les plus sombres » (cela reste subjectif, ton sombre peut être le lumineux d’autrui) jouent, elles aussi, un rôle déterminant et primordial dans l’Histoire de l’Humanité, et ce au service de l’élévation vibratoire de la planète.


Pour simplifier, c’est comme si la Terre était une scène de théâtre où chacun tient un rôle précis afin de servir le message transmis par la représentation qui tend à enrichir le niveau global du public.


Et de fait, au point culminant de son incarnation, une âme peut choisir de devenir en bonus un voyageur mystique, qualification hautement reconnue — paraît-il — dans l’au-delà.


Elle évoque les symptômes ressentis au cours de cette accession (parce que cela peut être complètement inconscient et pas du tout réservé à une élite puisque c’est un choix) ainsi que la cérémonie qui nous attend lors de notre passage de l’autre côté, selon les différents rapports de ses guides spirituels, Francine et Raheim.


C’est bizarre mais ça reste bien amené.


Comme je le disais plus haut, le coup du libre-arbitre m’a laissée un peu dubitative et j'ai mis un temps à percuter qu’en réalité, elle parle de lâcher-prise !


Alors ce terme est à mon goût un peu barbare car assez difficile à intégrer. Je préfère plutôt parler d'accueillir, c'est à dire avoir entièrement confiance en l’Univers et en ses desseins pour tout le reste de son existence.


C'est quelque chose qui résonne énormément avec les derniers coups de théâtre survenus cet été dans ma vie perso, où je suis restée étonnement droite dans mes bottes, avec une confiance absolue en l'avenir et ce, même si franchement, tout portait à croire le contraire.


(Et j'emploie le "étonnement" parce que des années plus tôt, j'aurais plutôt versé dans l'angoisse de l'avenir face à ce genre d'imprévus.)


D’où l’idée de magie évoquée au tout début : le choix instinctif qui te révèle des notions relatives à ce que tu es en train de vivre. J'adore !


D’ailleurs, à ce propos, l’autre jour en triant les spams de ma boite mails, je tombe sur le message d’une voyante (tu sais, ceux que tu reçois alors que t’as rien demandé) qui m’annonçait que j’arrivais au point culminant de mon incarnation.

Sur le coup, je l’ai bazardé sans vergogne mais quand j’ai retrouvé ces termes — mots pour mots — en parcourant cette lecture, je me suis dit que je n’avais pas été attirée vers cet ouvrage par pur hasard !


Enfin bref, pour en revenir au voyageur mystique et à l’issue de cette découverte, je le vois comme celui qui comprend que tout ce qui se passe dans sa vie, il l’a choisi parce qu’il est là pour le surmonter, le dépasser et faire évoluer sa conscience.


Le voyageur mystique comprend que la vie ne blâme pas, ni ne cherche à anéantir, et que par-dessus tout, elle ne juge pas.


Le voyageur mystique comprend que la vie offre des chances de se réinventer même si parfois cela veut dire passer par des chemins (parfois très) sombres.


Ainsi, la mission du voyageur mystique, au delà de sa Charte initiale (et des thèmes choisis), est de transmettre — à travers ses paroles et ses actes et à son échelle — que tout est une leçon et que la vie sur Terre est un voyage qu'il est bon de savourer à chaque instant ;-)


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