L'AMOUR À SENS UNIS

L’Amour, le vrai, le faux…

J’ai eu envie d’en parler à ma façon, en m’amusant à bricoler un brin de poésie. Donner corps aux mots. Une manière de (s’an)créer🙏💫


Ces derniers mois, j’ai compris que c’est en reconnaissant mon Autre, que la complétude a pris forme. Avant, elle s’effleurait du bout des doigts. Aujourd’hui, les mots sont posés, ressentis et reconnus, actés. Pour nous plonger dans cette autre dimension, celle loin des contes de fées, où l’on grandit ensemble, conscients de nos ombres comme de nos lumières, à composer ce Nous qui nous divisait hier.





« L’esprit cherche, et c’est le coeur qui trouve » George Sand

Mais comment fait le coeur quand il est embrouillé ?

Dites-moi comment fait le coeur lorsqu’il est éraflé, par ses blessures qu’il a tant de mal à reconnaître ?


J’ai cru apercevoir l’Amour quand mon coeur s’est emballé.

Mais ce n’était qu’une chimère que j’ai passé un temps fou à rattraper, à colorier, donner des airs de beau au laid.

L’illusion est à s’y méprendre, à la différence qu’elle se vit, seul, s’animant dans un cinéma intérieur qui ne prend l’air, ni ne voit jamais le jour.

Pareille à une asphyxie, lente et consentante.


Les mirages de l’Amour sont une prison dorée dans laquelle on s’enferme à double-tour, soumis à son propre joug, résolument marginal, et parfaitement incompris.


Au beau milieu de ma tragédie, combien de fois ai-je entendu cet air qui chante une vérité niée. J’entendais, certes, mais refusais d’écouter, ligotée à ma perception erronée.


Que le coeur blessé est obstiné ! Il court toujours vers un but qu’il n’atteint jamais qu’à moitié. Lui qui croit savoir (s’)aimer et qui se rattache à une douleur qui l’étreint, le refroidis, et doucement l’éteint.

Le coeur blessé se glisse et s’endort dans ses atours de victime de l’Amour.

Un habit bien plus léger que celui de cet autre qui porte la responsabilité d’une souffrance dont il n’a même pas idée.


La réalité est cruelle pour celui qui trouve refuge commode dans des amours inventés.

Mais que savais-je de l’Amour pour n’avoir vécu que ses reflets ?

Un sens unique ventriloque qui fait parler les silences et donne contenance à l’absence.

Mais que savais-je de l’Amour au delà du mythe que j’avais créé ?


C’est alors qu’à pas de velours, il est entré sans frapper. L’Amour est venu bousculer les codes et clichés étriqués.


Regarde, a dit la Vie, tu t’es trompée.

L’Amour ne te suspens ni ne t’immobilise : il t’éveille à toi. De tes fleurs à tes abysses. Il te pousse à accepter cette insoutenable vérité pour sevrer ton coeur de ses illusions, le libérer, et ouvrir la porte de ta prison dorée.

Tu n’avais rien à comprendre, seulement à accepter. De t’être condamnée dans ta geôle, à croire que l’Amour se mérite, se gagne, s’attend, se garde. À croire qu’il se limite, se contraint, t’égare.


Mais l’Amour t’éveille à toi, non pas dans l’absence, mais par sa présence.

L’Amour Est, c’est ainsi, il se conjugue au présent et à l’infini, et se vit seulement si tu le reconnais.


Delà, cet Autre et toi, et qui est toi, marchez et grandissez, ensemble. Car il n’y a de pas qui ne se fasse sans et loin de l’Autre. Car l’Amour est à sens Unis.


Musique : Annette Cantor "Isis"