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La libre spiritualité


De nos jours, la spiritualité a le vent en poupe !

Il n'y a pas si longtemps, on l'assimilait à la religion et finalement qui ça intéressait, hein, honnêtement ?

On parle d'un grand éveil des consciences et si l'idée est séduisante, qu'en penser quand elle flirte dangereusement avec le phénomène de mode ultra léché servi à toutes les sauces et à tous les repas ? (de quoi te filer une indigestion) (c’est mon cas, très souvent).


À mes yeux, la spiritualité est un voyage qui n’a pas vraiment de destination. Cette épopée commence le jour où l’on décide de plonger à l’intérieur de soi, pour explorer ses profondeurs. En somme, c’est une aventure où l’on part rencontrer son « Qui suis-je ? ».


Cette initiative est un appel que l’on perçoit d’abord doucement, puis qui, peu à peu, s’étend et finit par s’inscrire dans notre vie comme une part entière et évidente de soi.


Elle répond à cette soif de sacré qui sommeille en chacun de nous et qu’aujourd’hui on étanche en buvant un peu à n’importe quelle fontaine.


Par exemple, on associe très souvent la spiritualité à une ou des cultures étrangères à la nôtre en s’appropriant des codes de conduite qui n’ont rien à voir avec soi.


Et il est là le caillou dans la chaussure : les codes.


À partir du moment où la spiritualité est une liberté d'être complètement soi-même, où est l'intérêt de s'inventer une conduite à tenir pour rentrer dans une case ?


Dès lors que l'on s'attache à des conventions, où se situe notre vérité propre ?


C'est aussi une des raisons pour laquelle je ne suis pas une sorcière qui transmets des rituels : tout ceci (à mon sens) s'éloigne de cette liberté à laquelle j'aspire et que j'ai coeur à partager.

Chacun est libre de créer ses propres rituels s'il en a besoin. Et à l'inverse, si cela ne résonne pas en lui, de ne pas y avoir recours.


En effet, pourquoi s’éloigner autant, en cherchant les réponses à ses questions à l’extérieur, si loin de son centre, de son coeur, de sa propre lignée, de sa propre culture ? En répétant des mots ou des gestes qui, finalement, ne trouvent pas vraiment d'écho dans notre cheminement ?


Cette dispersion m'évoque brièvement l’Alchimiste de Paolo Coelho (un de mes bouquins préférés), où le berger part aux confins du Monde chercher ce qu’il finira par (re)trouver en rentrant chez lui, à sa propre source.


C’est peut-être une phase inévitable, qu’on expérimente tous à un moment donné.


Et si la vie sait poser au moment opportun sur notre route un panneau déviation, pour faire demi-tour et nous rediriger vers nos sphères intimes, c’est pas dit qu’on ne se perde pas en route !


En effet, la société actuelle nous biberonne à l’urgence, à l’immédiat, au tout-de-suite, en nous gavant de solutions toutes prêtes et rapides à consommer en nourrissant l’illusion de guérir nos maux en taisant nos symptômes par quelques tours de passe-passe bien ficelés.


Or, en réalité, le chemin vers soi est long, l’aventure est jonchée de pièges, d’embûches et de monstres à affronter (c’est une image, hein).

On apprend petit à petit à les débusquer, à les reconnaître, à les apprivoiser et apprendre leur langage pour mieux les comprendre et finalement SE comprendre... jusqu'à ce que tout se transforme : je ne sais plus qui disait que lorsque l'on obtient les réponses, c'est alors que d'autres questions naissent ! D'où l'idée de voyage sans destination concrète.


Cette quête n’est pas une guerre que l’on mène pour éradiquer tout ce qui ne répond pas à l’image bien pensante, bienveillante et rayonnante que l’on veut avoir de soi : c’est avant tout une compréhension profonde de notre entièreté (de son étymologie, « cum-prendere » : prendre avec soi, intégrer). C’est à dire de TOUTES les parts de soi, même et surtout celles que l’on ne veut pas voir (cf.Le passager noir)!


Parce que se rencontrer, c’est faire face à son Mister Hyde. D’ailleurs, c’est souvent ce qui en rebute plus d’un qui se laissent volontiers happer par les sirènes du pré-mâché/ pré-digéré : ces solutions faciles qu’on nous vend comme des recettes miracles.


Comme s’il suffisait d’un coup de gomme pour tout effacer et recommencer. Cela porte un nom : le refoulement. Et ça fait des vagues, des tempêtes, des tsunamis ! En somme, des ravages.

Mais pas sur le moment, hein.

Tout de suite, on pourra se prélasser dans un bain d’illusions suite auquel on ne comprendra pas d’où vient cet eczéma tenace.


On ne fera le lien que bien plus tard. Parce que tout se recoupe si on observe bien.


Aussi, la douleur fait peur parce qu’on ne sait pas l’écouter. Nous ne sommes pas éduqués en ce sens.


On nous apprend à la taire, à la chasser et à porter des masques : « prends sur toi si tu veux avancer », « ça va aller, oublie, avance », « souris, ne laisse rien transparaître de ce que tu ressens », « un homme ne pleure pas en public et ne pleure pas tout court », « je refuse cette douleur, je suis une femme forte » etc, etc.


Notre éducation façonne ces réflexes mais nous restons libres d’affronter cette douleur à un moment donné, parce qu’elle n’est pas un ennemi, elle est un symptôme !


Là où je veux en venir, c’est que, au fond de soi, on a des petits hérissons : à nous de comprendre que ces piques dressées sont simplement des barrières de protection.


La question est : qu’est-ce que nous protégeons ? Et de quoi ? »


Et pour ça, il n’existe qu’un seul mode d’emploi : le sien ! Il est unique et c’est à nous de le créer au fur et à mesure que l’on s’explore ! Elle est là, l’aventure : riche et passionnante !


Si tout se réglait en un tour de main à l'aide d'un mode d’emploi universel, ça rimerait à quoi franchement ? Quel intérêt aurions-nous à vivre et à expérimenter la vie, le Monde ?


Pour autant et dans tout ça, on est obligés de rien ! Personne n’est meilleur qu’un autre parce qu’il a choisi d’ouvrir ou de fermer sa porte.


C'est aussi en ça que la spiritualité est une liberté : elle nous laisse le choix de sortir ou non de la caverne (je pense au mythe de Platon) (ô combien d'actualité) !


Ce n'est rien d'autre qu'une histoire entre soi et soi.

Un appel de l'âme qui s'affranchit de toutes ces conventions et traditions auxquelles l'on prête des vérités erronées.


Ériger la carte de son territoire en définissant ses propres contours, son propre cadre de référence, ses propres rituels, sa propre vérité : voilà ce que nous offre la spiritualité, peu importe la forme que nous lui donnons.


Elle ne verrouille par la cage, elle ouvre la porte pour que nous puissions voler, libres.


(Source illustrations : Pinterest)


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