L'AMOUR DE SOI

L’autre nuit, mon défunt papi est apparu dans un rêve en signifiant qu’il avait quelque chose à me dire mais que cela attendrait un meilleur endroit, un meilleur moment.

Au saut de ce songe-réalité, cette intervention suspendue et pour le moins curieuse, a laissé derrière elle un vague sentiment de frustration.


Lorsqu’il s’agit de l’invisible, mieux vaut ne pas prendre les choses de façon trop littérale et laisser les signes nous guider afin que le message se dévoile de lui-même.


C’est ainsi qu'un tout petit peu plus tard, au cours de la matinée qui a suivi, quelqu’un avec qui je n’avais plus de contact depuis quelques années, s’est soudainement manifesté : « Je ne sais pas pourquoi, tout à coup, j’ai eu envie de te parler ».

Les connexions sont parfois mystérieuses.


Il est toujours intéressant de se laisser prendre au jeu et de suivre l’intuition qui nous pousse à aller vers une direction précise sans savoir où cela nous mènera.

Il y a toujours un échange subtil qui se fait : quelque chose qu'on avait besoin d’entendre à ce moment-là, quelque chose qui fait écho, quelque chose qui va nous permettre d’avancer.


En effet, les âmes sont connectées entre elles, à l'insu de la logique de leurs cerveaux (voir Les Relations d’âmes).


Et c’est de façon totalement impromptue et pour le moins surprenante que cette personne a demandé : « es-tu heureuse ? ».


Nous y voilà. Bim !


Lorsque mon papi a quitté ce Monde, ça a été pour moi le moment où le voile s’est levé sur beaucoup de choses et notamment sur ma médiumnité. Je ne vais pas revenir sur cette histoire, parce que je l’ai déjà racontée ici.


Seulement, avant qu’il ne ferme ses yeux pour toujours, il m’a posé exactement cette question : « es-tu heureuse ? » et je n’ai pas su quoi lui répondre, feignant de changer de sujet parce que bien trop mal à l’aise.


Et s’il est apparu dans ce rêve, la nuit précédant cet échange, ce n’est très certainement pas une coïncidence.


Cette question est lourde de sens et nous confronte à notre propre réalité, celle que parfois on refuse d’admettre et devant laquelle on ne peut pas faire semblant.


Ma soeur m’avait alors demandé : « pourquoi tu ne lui réponds pas simplement "oui" ? ».


Et bien parce que même si j’avais menti pour le rassurer, cela n’aurait pas fait disparaître le malaise que ces quelques mots ont mis en lumière.


Cette question est un miroir qui brûle les yeux par ses multiples reflets : suis-je heureuse ?


Qu’ai-je fait — ou au contraire, que n’ai-je pas fait — pour en arriver là ?


Et lorsque l’on est au bord de quitter son corps et sa vie, quel recul a-t-on sur son bonheur ? A-t-on oeuvré en ce sens de façon consciente ?

Et si l’on a rien fait, comment se sent-on ? Comment meurt-on ?


Trop d’interrogations compliquées auxquelles je n’ai pas trouvé la force de répondre dans le contexte chaotique de cette époque.


Pourtant, en partant, il ne pouvait pas me faire de plus beau cadeau.


En effet, dans ce désordre qui régnait alors sur ma vie, ces mots ont été le révélateur d’une prise de conscience fondamentale et le moteur d’un renouveau.


Un jour, quelqu'un m’a dit « J’ai tout pour être heureuse, je ne comprends pas ce qu’il se passe ». À cette époque, j’en étais arrivée au même triste constat.


Alors, oui, qu’est-ce qu’il se passe ?


Et bien la réponse est simple : AVOIR n’est pas ÊTRE. La différence est énorme.


Avoir, posséder, ne comble aucun vide. Bien au contraire, cela renforce ce sentiment d’inconfort.


En revanche, être, c’est RESSENTIR, AIMER, ce sont ces énergies qui nous nourrissent, nous remplissent et qui nous donnent le sentiment d’être VIVANTS ! La différence est sans appel.


Et d’où vient ce creux au fond de soi alors ?


On passe son temps à attendre que l’autre nous sauve, nous libère, nous comble.

Mais si l’on perçoit ce hurlement de son tréfonds, ce n’est pas le manque de l’autre qui s’anime, non.

On se leurre complètement, car en réalité, c’est le manque d’amour que l’on se porte à soi-même qui est en souffrance.


Ne pas s’aimer pour ne pas faire des choix conscients de ses propres valeurs, ses propres désirs, ses propres aspirations.


Ne pas s’aimer pour ne pas respecter son ressenti profond en suivant le consensus qu’on croit légion.