꧁ Croyances et représentations ꧂


Lorsque j'évoque la sorcière qui m'habite, cela éveille presque systématiquement des questions autour des rituels et/ou des incantations.

Navrée de décevoir ces personnes en répondant que je suis une sorcière moderne, qui ne vit ni dans les mythes, ni dans légendes. Elle est pour moi bien plus qu'un stéréotype modelé par l'Histoire. À ce titre, les lieux communs ont la vie dure et c'est ce que nous allons tenter de démystifier.



La croyance, socle du despotisme


Née au sein d'une famille qui a su se délier des traditions religieuses de ses ascendants, cela ne m'a pourtant pas épargné, vers 7/8 ans, une crise mystique.

La religion m'intriguais : l'histoire de Jésus qui a déchaîné les passions, l'attrait des hommes pour le Divin, la manifestation de ce Divin, me fascinaient.


J'ai toujours eu — et sans l'expliquer — cette impression que la réalité qui s'offre à nos yeux est bien plus grande encore que ce que l'on peut imaginer.


Un peu plus tard, ma relation à la religion s'est étiolée lorsque j'ai compris qu'elle a servi (et sert malheureusement encore) de prétexte pour manipuler l'opinion et faire régner la peur sous faux-couvert de diluer l'Amour.


C'est avec beaucoup d'amertume que je me suis ainsi rendue compte que les croyances pouvaient faire autant de bien que de mal.


Il en va de même pour les représentations : de ce qui, à la base, sert à imager un discours afin de le rendre accessible, devient un grand n'importe quoi, interprété à tort et à travers et pouvant très facilement alimenter des croyances malsaines. J'entends par ce terme un peu violent, celles qui entretiennent un inconfort, une peur, une souffrance.


L'important n'est pas ce en quoi l'on croit, mais ce que cela nous procure.


À mes yeux, nous sommes libres de nos croyances, dans la mesure où celles-ci ne nuisent ni à soi, ni aux autres.


Il n'existe pas non plus de vérité souveraine : nous avons ainsi une grande liberté de choix. Et ça, on a tendance à l'oublier.


Maître de nos croyances, nous avons le droit et le devoir de ne pas prendre pour acquis certaines idées que l'histoire a véhiculé comme d'immuables vérités.


Ainsi, j'ai choisis de laisser s'exprimer librement ma propre perception de la sorcière, celle que je vis et qui n'a rien à voir avec le folklore qu'on lui prête.


Pour autant, cela reste une croyance personnelle et non une vérité absolue !


Ce que j'insinue c'est qu'il est important de respecter ses propres convictions et ce même, et surtout, si elles ne répondent pas au consensus.


La sensibilité questionne notre rapport au Monde


Face au nombre, on a tendance à se laisser facilement leurrer. Or, la majorité n'a jamais été gage de vérité. C'est une pure illusion.


Il me semble important de toujours questionner sa propre sensibilité. Voilà pourquoi elle est une vraie force.


"Qu'est-ce que je ressens ?" "Cela résonne-t-il en moi ?"


La sensibilité est le levier de notre propre vérité intérieure. C'est elle qui a la réponse, pas les autres.

La vérité et la perception du Monde sont très personnelles.


Nous venons sur Terre éprouver et partager ces expériences. Nous ne venons pas nous transformer en une armée de clones.


Les représentations servent le message


Face au consensus, nous manquons cruellement de prise de recul.

Et en prenant les croyances et représentations pour argent comptant nous omettons cet essentiel :


les religions utilisent des icônes,


les artistes utilisent des symboles,


les publicitaires utilisent des concepts,


l'invisible utilise le langage du cœur,


tout comme nous utilisons des métaphores,


pour ILLUSTRER un propos, VÉHICULER UN MESSAGE.



Ne pas confondre image et message


Regardez cet arcane du tarot de Marseille.

Son nom et son image sont percutants et ô combien redoutés.


Pourtant, en s'attachant uniquement à son sens littéral, on passe à côté de son précieux message.


LA MORT vient questionner notre rapport à la vie, aux cycles, à la façon dont nous nous réinventons, dont nous évoluons.


En interrogeant notre sensibilité, la carte devient le support de notre propre réalité. Elle fait émerger nos propres résonances.


Cette carte est un exemple mais cela s'applique à toute chose.


Questionner sa sensibilité et son entendement, c'est reprendre son propre pouvoir en érigeant sa propre réalité.



Ce n'est pas une voie facile mais c'est celle de l'authenticité : nous n'avons rien à prouver et tout à éprouver.


Comme il faut à l'homme des figures et des images pour frapper son imagination, il a peint des êtres incorporels sous forme matérielle avec des attributs rappelant leurs qualités et leurs défauts. C'est ainsi que les anciens, voulant personnifier le temps, l'ont peint sous la figure d'un vieillard avec une faux et un sablier; une figure de jeune homme eut été un contresens; il en est de même des allégories de la fortune, de la vérité, etc. Les modernes ont représenté les anges ou purs esprits sous une figure radieuse, avec des ailes blanches, emblème de la pureté; Satan avec des cornes, des griffes et les attributs de la bestialité, emblèmes des basses passions. Le vulgaire, qui prend les choses à la lettre, a vu dans ces emblèmes un individu réel, comme jadis il avait vu Saturne dans l'allégorie du Temps. — Le Livre des Esprits, Allan Kardec; Livre II - Chapitre Premier, Anges et Démons.
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