COMMENT S'ANCRER EFFICACEMENT ?

Si ces dernières années m'ont enseigné que la visualisation et la pensée positive sont de précieux outils en termes de développement personnel et spirituel, en revanche, et plus précisément en ce qui concerne l'ancrage, ceux-ci sont loin d'être suffisants. Petit retour d'expérience.


Marcher dans le sable (se sentir coupable)

À l'ouest, je l'ai été à l'excès et le suis encore souvent. Une "âme artiste" comme on aime qualifier poliment les esprits vagabonds flirtant bien plus avec l'ailleurs qu'avec l'instant présent. Vous imaginez ainsi que la question de l'ancrage s'est imposée rapidement avec cette nécessité d'éviter de s'envoler complètement. Que les esprits excessivement pragmatiques se rassurent : ils sont tout aussi bien concernés ! En effet, le juste équilibre ne repose-t-il pas dans cet adage : "La tête dans les nuages et les pieds sur Terre" ?


Ainsi, bête à cornes fidèle à elle-même, j'ai foncé tête baissée dans l'expérimentation, négligeant les définitions.


Pour ce faire, j'avais lu un peu partout, que pour s'ancrer, il fallait marcher pieds nus et en conscience, le plus souvent possible. Si cette astuce était autant relayée, je me suis dit que cela devait fonctionner. Et bien vous savez quoi ?


Dans les faits, cela n'a absolument rien changé à ma situation... et qui plus est, a su éveiller une certaine culpabilité : "pourquoi ça ne fonctionne pas sur moi ?"


Devenir l'arbre


Déterminée à travailler cet ancrage, je ne me suis donc pas limitée à l'échec cuisant des pieds nus. En effet, il existe cette autre astuce qui consiste à pratiquer la visualisation de l'arbre : on devient l'arbre, nos racines s'enfoncent dans la Terre jusqu'à son noyau, blablabla.

La visualisation est un outil puissant (ce n'est pas la sophrologue qui va vous dire le contraire) ! Le cerveau ne faisant pas de distinctions entre le réel et l'imaginaire, on peut de cette manière travailler très efficacement sur ses limites, ses valeurs, ses émotions...

En revanche, concernant l'ancrage, on peut se visualiser aussi puissant, fort et implanté dans le sol qu'on le souhaite, mais si on continue à courir après le temps et les résultats, je me suis rendue compte à mes dépends, que cette posture nourrit une belle illusion !


S'accorder au rythme de la Nature


Si ces expérimentations n'ont rien changé à mes voyages spiritiques inopinés, elles m'ont toutefois révélé une chose essentielle : ces outils n'ont pas pour but de nous ancrer (ce n'est pas leur job, c'est le nôtre) mais de nous faire prendre conscience de la nécessité, pour nous citadins du monde moderne, de se reconnecter à la Nature.


Dans un environnement majoritairement bétonné, les mains et l'esprit liés continuellement à nos smartphones, abrutis par un flot incessant d'informations, et pris dans une course au rythme effréné d'un quotidien pétri d'injonctions sociales - comment dire - il n'est pas aisé pour tout le monde de prendre le temps de regarder, de contempler la beauté de la vie, de ralentir son rythme et de le calquer à celui de la Nature qui a tant à nous apprendre sur... nos racines (et tant d'autres choses) !


Ainsi, en pratiquant ces petits exercices, vous ne serez pas ancré par enchantement mais aurez enclenché le processus par ses fondements : se reconnecter au mouvement de la vie.

C'est important parce que dans le quotidien de notre société occidentale, on a pris la mauvaise habitude de considérer que tout doit aller vite alors que si l'on prend le temps de regarder l'arbre, justement, croyez-vous qu'il devienne solide et fort en un clin d'oeil ?


Pour cueillir le jour : respirez !


Une fois que l'on renoue avec la Nature en s'incluant dans son rythme, en s'autorisant la patience du sage, nous sommes donc fin prêts pour cueillir l'instant présent : voilà le sel de l'ancrage !


Facile à dire n'est-ce pas ?


Et bien, voilà un beau défi à relever dont la difficulté est une invitation à se découvrir !

D'un point de vue personnel, les expériences sus-citées m'ont fait comprendre que j'attendais qu'on me donne une solution facile et... rapide ! Je voulais le résultat sans fournir le moindre effort et la réalité c'est que dans cette urgence, on est connecté ni à la Nature, ni au moment présent !


Et sur ce chemin, j'ai (re)découvert une ressource essentielle et commune à tous : le souffle. Il est tellement naturel et invisible, qu'on a tendance à l'oublier, mais il est LA clé de l'ancrage.


En effet, vous aurez beau tester toutes les astuces possibles et imaginables, sans vous relier à votre souffle, il y a fort à parier que vous serez toujours perché sans savoir comment redescendre, ou encore souffrant sous le joug d'un mental despotique.


Le souffle est l'essence de la Vie, il est celui qui relie l'intérieur et l'extérieur, l'esprit et le corps (et j'ajouterais même l'âme !), le Yin et le Yang.


Essayez — juste pour voir ce que ça fait — de vous concentrer sur votre respiration un petit instant : écoutez-la, ressentez-la, suivez son trajet.

Observez ce qu'il se passe : n'y voyez-vous pas un outil imparable pour chasser tout ce qui dans votre esprit vous relie à l'ailleurs ?


Être ancré n'est pas une conviction, c'est une réalité. Et c'est vous qui lui donnez vie !


Un engagement personnel

L'ancrage est un travail sur soi au quotidien : il implique que notre attention soit présente et entière à ce que l'on fait.


De cette manière, on concentre son énergie dans une seule tâche, sans s'éparpiller, ni se disperser.


Cela permet d'enclencher une dynamique qui, tout en préservant notre capital énergétique, permet de réaliser des objectifs à court terme et de fait, entretenir l'estime et la confiance en soi.


Cela envoie comme message au cerveau : "Je suis capable de...", "Je peux compter sur moi pour...". En somme, c'est resituer sa sécurité à l'intérieur de soi.


S'ancrer est un engagement envers soi-m'aime, en mettant en place des actions concrètes et pragmatiques dans les interactions du quotidien.

De cette manière, on convoque ses propres ressources pour créer des relations harmonieuses entre son intérieur et son extérieur.


On sait que l'on est ancré quand...


...on prend conscience de l'impermanence de la vie : à l'image de la Nature, tout est cycle et tout se renouvelle ! Ainsi, nous ne sommes pas soumis éternellement à une situation désagréable ou conflictuelle.


...on plie sous la tempête sans jamais rompre : en se reliant à l'instant présent on sait prendre de la hauteur face à n'importe quelle situation afin d'en apporter une solution et non plus une réaction.


...on se fait confiance et on se rend capable, sans plus avoir peur de faire des erreurs puisque l'on sait qu'elles nous apportent un précieux enseignement.


...on s'apporte tout ce que l'on mérite (amour, bonheur, argent, etc) sans plus attendre qu'autrui fasse ce boulot à notre place. Prendre ses responsabilités à bras-le-corps pour (re)devenir l'acteur principal de sa vie.


...plus on travaille sur soi et plus on découvre qui nous sommes véritablement, en embrassant chacune de ses facettes, les moins reluisantes comme les plus lumineuses.


À tout ceci, je tiens à ajouter que l'ancrage n'est pas un acquis. Tout ceci constitue un travail sur soi permanent et il est NORMAL de rencontrer des jours avec et des jours sans !

Il ne s'agit pas d'une performance ou d'une disciple de fer à s'imposer, l'important est d'arriver à identifier les enjeux d'une situation et d'être conscient de ce qui se passe en et hors soi, sans pression 😉


Voilà ce que les dernières années m'ont appris sur l'ancrage, et sans faire office de définition universelle, j'espère que cela saura éclairer votre propre sentier ✨

Et pour découvrir des petites astuces sophrologie bien-être, rendez-vous sur les réseaux


(crédits illustrations : Pinterest)



retour au menu.png